Rosières-en-Haye - La Monographie de M. Veuillerot

La Monographie de M. Veuillerot

Pour mieux connaître Rosières en Haye, retrouvons l’instituteur de l’époque, Monsieur Veuillerot, qui sur la demande de l’Inspecteur d’Académie, en vue de l’Exposition Universelle de 1889 écrivait ceci, le 29 juillet 1888 , dans sa
« Monographie Communale de 1889 »
Le territoire de la commune de Rosières en Haye, situé à l’Est du canton de Domèvre en Haye est limité au Nord par ceux des communes de Rogéville et Villers en Haye, à l’ Est par ceux de Saizerais, au Sud par celui de Liverdun. Au Sud-Ouest par ceux de Jaillon et à l’ Ouest par ceux d’ Avrainville, de Manoncourt en Woevre et Tremblecourt.
La superficie totale est de : 1075 hectares dont 127 en bois particuliers et 68 en forêts communales, le reste, 880 hectares en terroirs labourés.
 Le territoire vu à vol d’oiseau peut-être considéré comme une plaine ou un plateau, sauf quelques légères aspérités de peu d’importance ; aussi les transports des récoltes s’y effectuent-ils avec une grande facilité, surtout depuis 1809, époque où l’on a procédé à un nouvel abornement général et établi en quantité suffisante de nouveaux chemins d’exploitation.
 Sous le rapport de la nature arable, le sol peut se partager en deux parties, l’une au nord la plus faible est calcaire mélangé d’un peu d’argile et de silice, l’autre beaucoup plus étendue est argilo-calcaire, elle se partage en deux parties : deux ou trois cantons, ou domine l’argile, sont ce qu’on appelle les terres fortes et froides, le reste, la plus grande partie, se trouve aussi mélangée de silice et formée de terres blanches qui en certains lieux sont imperméables et aussi froides que la première.
 En général les terres froides dominent la Côte en Haye, environ 60 hectares de forêts défrichées et argilo-silicieuses

 

Démographie et culture…

Pour mieux connaître Rosières en Haye, retrouvons l’instituteur de l’époque, Monsieur Veuillerot, qui sur la demande de l’Inspecteur d’Académie, en vue de l’Exposition Universelle de 1889 écrivait ceci, le 29 juillet 1888 , dans sa
« Monographie Communale de 1889 »
STATISTIQUES DE LA POPULATION : CAUSES PRESUMEES DE SON ACCROISSEMENT OU DE SA DIMINUTION. NOMBRE DE DECES, MARIAGES.
 La population de Rosières en Haye était au commencement du siècle de 200 individus, chiffre rond, quarante ans plus tard, elle surpassait 300. Aujourd’hui elle est de 266 habitants, supérieure de 7 au recensement précédent par l’arrivée d’émigrés Lorrains annexés. Elle tend donc à diminuer pour plusieurs causes :

  1. Trop de célibataires des deux sexes, 18 au-dessus de quarante ans
  2. Trop de familles n’ont qu’un fils ou une fille unique, peu de mariage : 19 dans les dix dernières années de 1877 à 1887. Dans le même temps 58 décès pour 57 naissances, dont 6 sont morts en bas âge et 18 ont quitté la commune avec leurs parents, qui étaient journaliers ou fermiers. Reste donc 39 enfants seulement pour 58 décès.
  3. Il y a aussi parmi les ouvriers agricoles, principalement chez les fermiers, une tendance à quitter la commune plutôt que de s’y fixer définitivement et cela pour des raisons économiques. Aucun ne renouvelle son bail, quasi tous y font de mauvaises affaires et sont saisis par leurs propriétaires. Cette population que j’appellerai mouvante tend aussi bien à diminuer que la population locale.

CONSTITUTIONS PHYSIQUES DES HABITANTS, US ET COUTUMES, HABITUDES LOCALES, STATISTIQUES SCOLAIRES
            En général les habitants sont robustes et bien constitués, ils vivent en grande partie jusqu’à l’extrême limite. A part quelques décès d’enfants, on a à regretter que très rarement des morts prématurés. Habitués dès leur jeune âge aux travaux des champs et à vivre au grand air, leurs mœurs sont empruntées de leur genre de vie, sobres, paisibles, indépendants, ils possèdent ces qualités.
Mais comme rien n’est parfait en ce monde, il y a un petit revers de la médaille, à part quelques exceptions, il est difficile de trouver plus égoïstes et moins hospitaliers. Ils sont surnommés peut-être avec quelques raisons, les ¨loups¨ par leurs voisins. Jamais proverbe " Chacun pour soi, Dieu pour tous " n’est mieux appliqué.
 Et l’on peut affirmer que c’est l’une des principales causes avec celles déjà citées plus haut, de la diminution de la population ouvrière.
Je viens de citer l’indépendance comme une de leurs qualités, j’ai des motifs ou des raisons pour le prouver, s’il s’agit de la dernière partie de la question : statistiques scolaires. Sous ce rapport les parents ne préviennent aucunement de la fréquentation ou de la non fréquentation de leurs enfants, qu’ils retiennent quand bon leur semble souvent pour les motifs les plus futiles. Ici comme ailleurs les chiffres seront plus éloquents que les paroles. Dans les six premiers mois de l’année 1888, je constate une somme totale de 908 absences. Il y a en moyenne 27 élèves, on obtient comme moyenne générale et par élève: 9,66 absences par mois.
Si je viens d’indiquer une partie des causes du mal, je n’ai pas besoin d’en faire connaître le remède.
Les élèves sont généralement peu intelligents et peu travailleurs, ils ont toute l’insouciance de leurs parents, aussi les célébrités qui se trouvent à Rosières, se rencontrent plutôt dans le domaine de l’ignorance.
Je ne parle naturellement pas de ceux qui peuvent faire instruire leurs enfants dans les établissements spéciaux.
Nous ne faisons que rapporter les écrits de l'instituteur, et ne saurions en être responsables.
ETAT DES TERRES, ASSOLEMENT, JACHERES,ENGRAIS , PRAIRIES NATURELLES ET ARTIFICIELLES
 Dans la première question (voir bulletin municipal N°3) j’ai porté comme restant de la superficie totale 880 hectares, si il n’y a que 8 hectares de près naturels et environ 2 hectares de vergers. L’assolement étant triennal et admettant 25 hectares de luzernes, sainfoin, ou autres prairies artificielles par saisons totalité 75 hectares plus les vignes et les houblonnières, que je représente encore pour 25 hectares . Il restera 770 hectares de terres labourables à grande culture dont le tiers est de 260 hectares par saison.
Avec cette quantité énorme relativement à la population et surtout à la quantité de bétail (il y à environ 290 têtes de gros bétail) il n’est pas possible de bien fumer les terres si comme à Rosières, on n’emploie que le fumier de ferme
Il reste par conséquent une assez grande partie de terre qui ne reçoit jamais d’engrais. Il en résulte que la production ne couvre pas les frais de culture ; il y a tendance alors à les laisser friches, ce qui se produit déjà dans certains cantons, les bois défrichés plus particulièrement.
Avec l’assolement triennal , première année : blé, seconde année : avoine et orge, la troisième année : fourrages et prairies artificielles, trèfles, minette, vesces. Les pommes de terre occupent environ 35 hectares, les betteraves 15 hectares, pas de lentilles, 2 hectares de trèfles, 20 hectares de minette, 5 hectares de vesces ; total 82 hectares.
Les jachères sont représentées cette année par une superficie d’environ 170 hectares.
IL N’Y A AUCUNE REMARQUE PARTICULIERE A FAIRE SUR CES TROIS DERNIERES QUESTIONS
Culture de toutes pièces : néant
Usage particulier de culture et de pâturage : néant
Pêche : point de cours d’eau
Chasse : lièvres et sangliers assez abondants.

Fin

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